17.03.2010
Les temps révolus.

depuis l'aube des temps
le retour de mon père
Il m'a appris
comment
m'enivrer de l'odeur
de ma terre natale
Ses chansons se balançaient
au grès du tonnerre
Avant son départ
il m'a offert
le reflet de son visage
pour ne pas perdre
le repère
de mes ancêtres.
De la bouche de mes ancêtres
le blé n'a jamais manqué
de parole à sa terre
Le pollen n'a jamais déserté
les pétales de sa rose
L'olivier n'a jamais oublié
l'ombre de son ombre
C'était à l'aube des temps révolus
C'était à l'aube des temps futurs
Quand j'étais une goutte transparente
dans le ventre de ma mère
La sueur des fronts
coulait dans la mémoire
comme un fleuve de miel
©Mohamed El jerroudi
14:01 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (55) | Envoyer cette note | Tags : visage, mon père, miel, fleuve.
09.02.2010
Mahmoud Darwish : A un assassin - Etat de siège...
Si tu avais contemplé
Le visage de ta victime
Et réfléchi
Tu te serais souvenu
De ta mère
Dans la chambre à gaz
Et tu aurais changé d’avis
Ce n’est pas ainsi
Que l’on recouvre
Son identité
Si tu avais laissé
Trente jours au fœtus
Le nouveau-né
Aurais oublié
Le temps du siège
Aurais étudié
Avec l’une de tes fille
L’histoire ancienne d’Asie
Et ils auraient pu s’aimer
Et donner jour à une fille
Elle serait juive de naissance
Ta fille est aujourd’hui veuve
Ta petite fille orpheline
Comment as-tu pu d’une seule balle
Abattre trois colombes ?
Rien de nouveau
Dans le monde civilisé
Tout est banalisé
Les temps de la barbarie sont passés
La victime
Comme la vérité est relative
Alors sois
Ou tu ne seras jamais.
©Mohamed El jerroudi
ps: texte traduit de l'arabe
14:13 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
20.05.2009
Le commencement des jours.

PHOTO, © DUMARIE
Silence
Sindibade est revenu de loin
Avec quelques paroles
Et une poignée de questions
Paroles ombre de dunes
Faisceaux lumineux
Paroles qui planent dans l'air
Comme le duvet d'un moineau.
Paroles collées à la terre
Comme une pierre jonchée
Au bord d'un chemin
Paroles qui coulent
Comme un fleuve enragé
Paroles qui se cabrent
Devant l'innommable.
Paroles talismans qui ressuscitent
Aux noyés l'origine de la vie
Et la boussole de l'étoile céleste.
Sindibad s'égare
Dans les dédales de ses paroles
Il est le blessé par des éclats aveugles
Et son âme bouscule les choses
Et son rêve habite le ciel
D’une nuit aux étoiles mortes.
Et son sang sacrifié
Dans le ventre du sable.
Sa dernière voix s'éteint
Après l'ultime départ.
Il veut la nuit
Point de rencontre avec le naufragé
Sindibad navigue sur le souffle de l' aube
Et la rose récupère
Ce qu'elle a perdu de son pollen.
L'arc de la pluie dénude l'éternel.
L’univers tourne au rythme de l'œil.
Ici un espace vide.
Là-bas une contrée lointaine.
Il veut la nuit.
Et la mer est immobile...
Juste après la dernière noyade...
Juste après l'étreinte de sa peur...
Pour un nouveau voyage.
De l'éclosion d'un volcan
Naît une île nouvelle
Comme un souffle
Qui se dérobe à la furie des vents.
Et qui fuit le choc de deux histoires lumineuses.
C'est un trait de lumière
Qui traverse le ciel et la nuit.
Tranche entre la parole sincère
Et la magie de l'hypnose.
Entre les petites vérités
Et des lettres grandioses..
La barque navigue vers la caverne céleste...
Celle qui se tait pour laisser passer les miracles.
Sindibad n'a pas encore rencontré la fleur de l'aube
Dont les pétales colorent le destin des jours.
Malgré son tapis qui fond les millénaires
Sindibade reste muet face
Au commencement des jours.
© Mohamed El jerroudi
12:15 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.02.2009
Etranges visages
Je crie ma parole
Aux doigts meurtris
Par le froid du béton
Je leur cris derrière la colline
La fureur du vent
Et je leur dirai
Etranges visages
Venus de si loin
Vous avez écrit vos songes
Sur la blancheur du matin
Quand la cruauté de la nuit
A attisé le feu de vos cauchemars
Vous avez rêvé aux perles d'Orient
Aux étoile d'argent
Quand votre chemin monte
Vers tous les chemins
Et votre premier départ
N'est qu'une simple Illusion
Etranges visages
Venus de si loin
J'écrirai vos noms sur les sommets
De vos montagnes ancestrales
Pour que le vent les porte
Vers d'étranges rivages
Si lointains.
©Mohamed El jerroudi
18:05 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
03.02.2009
Quand je serai poète.
Quand je serai poète
J’écrirai des poèmes
Que mes lecteurs boiront
Comme un vin vers après vers
Je leur parlerai d’un ciel
Dont la couleur n’existe
Que dans les yeux des aveugles
Je leur parlerai d’une terre
Ma terre une terre
Qui existe dans toutes les mémoires
Dont la surface n’existe
Nulle part ailleurs
Sauf qu'elle n'appartient
à personne
Mais comme je ne le suis
Pas encore
Il ne me reste qu’à broyer
Mes rêves dans une meule
Dont le dictionnaire
Est incapable de prononcer
un seul mot
En attendant que je sois
Un grand poète
Je dois ...!
Creuser ma terre
Planter un palmier
Un figuier et un olivier
Cela dépendra du temps
Qu’il fera
Et je balancerai
Tous les dictionnaires
Par la fenêtre
Quand je serai poète
Je serai abandonné
Par Dieu et les hommes
Je serai esseulé et seul
Seul tout seul
Mais je me souviendrai
Bien de ma Terre.
©Mohamed El jerroudi
De ces pays frappés où rien ne peut avoir Joie. Cette guerre contre laquelle s’insurgeraient les armes et non pas les larmes du cœur. Puis tous ces enfants pour lesquels leur propre pays ne peut écrire aucun poème, et nous qui nous disons si près, à soutenir la Grande Détresse contre la Grande Infamie : phrases inutiles qui peuvent proliférer de tous côtés, phrases pour rien, quand je ne peux ignorer le drame qui se joue, l’omniprésence de la haine à une échelle qui nous dépasse, et cette question que tant de poètes peuvent se poser : Quel est le grand moyen de la poésie ?
Dans le théâtre de la parole, une espèce de vérité me retient : « Le retour au sol » de Rimbaud. Et pour cela, innombrables sont les clôtures sur lesquelles il nous faut agir… obstructions, barricades, fausses fenêtres sur le monde, fers, enchaînements, et cette question qui ne peut promettre aucune réponse : Quel est le grand moyen de la poésie ?
Ou alors peut-être cette réponse : que tout être humain a le droit à un horizon. Et ce qui doit faire partie de notre horizon ce n’est même pas le mot PAIX. L’humain doit se « dégager » entièrement de tous les jougs, y compris des distorsions de son imaginaire. Il y a parmi la Réalité une réalité dans laquelle toute clôture doit être sévèrement critiquée, je parle ici du grand mensonge qui se dresse contre la vie.
Et il n’y a pas pire saloperie que ce qui se dresse contre la vie des enfants !
Que voir ou penser d’un poème quand il n’y a que destruction massive ? Est-il un échec de plus ou un vrai moyen de mobilisation ? Une citation de plus ou une réelle incitation à répondre à l’appel de l’horizon ?
Je sais que de la pratique poétique exercée chez quelques uns, pas tous, mais chez quelques uns seulement, il ne s’agit en aucune manière de poésie-divertissement, de poésie-spectacle… !
Recommencer le poème comme on recommence une vie et ses multiples chemins du passé, du présent et de ce qui est encore à venir. Recommencer le poème comme on décide de ne pas renoncer à recommencer une terre… Est-ce là une des réponses à la question Quel est le grand moyen de la poésie ? Mais encore faut-il Recommencer l’horizon ni dans l’or ni dans le remord, mais seulement à partir de l’horizon lui-même, qui ne souffre d’aucun affront et d’aucune oppression.
Pour tous ces enfants meurtris, voici le mot de la fin : Recommencer notre acquiescement à la vie !
©Nathalie Riera, 21 janvier 2009
20:05 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
14.01.2009
Les mains de l’insaisissable.

©Farid Belkahia.
Le hurlement de la soif
Fait vibrer le visage du désert
Paroles de sable
Vents de l’errance
Des pierres millénaires
Interpellent les portes du ciel
Eau chemin de la vie
Les mains de l’insaisissable
Déchirent la peau du silence
Quand le corps craquelle
Sous les yeux de l’indifférence
Les oiseaux ont déserté le ciel
Qui respire un feu
Venu hors du temps
Et les arbres fruitiers
Refusent d’abandonner
Leurs feuilles mortes
Sur un sol embrasé
L’adieu est un couteau
Son cri a déchiré sa langue
Le regard a fermé ses yeux de pierres
Comme de vieilles portes broyées
Par les mâchoires des serrures
Le sanglot des ruines
Irriguent la poussière des souvenirs
Sur des pages écrites
Avec une encre sourde
Qui s’endort dans le secret des mots
Et le cœur dévoile toute sa lumière
Sur le chemin du passé
Le visage creusé
Par les traces des désirs
Engouffre ses soupirs
Dans un corps enflammé
Pour arracher au soir les lueurs de l’aube
Saisir l’ombre des mots
Gravés sur des lèvres lumineuses
L’odeur de l’argile rappelle au cœur
Le moment de faire sa prière
L’éternel est un livre fermé
Chargé d’une énigme
Impossible à déchiffrer
Mémoire
De ceux qui sont partis
Oubliant le chemin du retour..!.
©Mohamed El jerroudi
09:35 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
27.12.2008
Transe

Des paroles enflammées dansent
Avec le frémissement d’un corps
Né au coin d’une poitrine large
Comme une main parsemée d’étoiles
Chaque soir s’écrit l’indicible
Le long des fissures des blessures
Enfuis dans une ombre
'A la face peuplée de rêves effacés
La transe parle sans arrêt
Un langage habité de désirs
Entassés dans un lambeau de chair
Coloré de cendre et de fumée
Les yeux boivent le reflet des couleurs
Au rythme des souffles perdus
'A jamais dans la voix de la nuit
Frappent le souffle avec un souffle essoufflé
Des gestes muets cherchent leurs paroles
Sur des murailles de mémoires
Découvrent sur le chemin des ancêtres
Les traces d’une sueur au parfum de sable
La transe vide sa bouche de ses feux
Comme une cascade de colères infinies
Avance de sursaut en sursaut
El le corps s’effondre
En petits morceaux.
© Mohamed El jerroudi
13:20 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : Transe, corps
09.12.2008
L’écho des légendes

© Monia Touiss
Je peux aussi
Revenir de mon errance
Raconter ce que j’ai vu
J’ai vu
Le sang annoncer chaque matin
Une mort qui n’a pas de nom
J’ai vu
Des yeux qui pointent leurs regards
Etonnés
Sur des corps déchiquetés
Par les mains de la folie
J’ai vu
Des enfants adossés
Aux murs de l’indifférence
Attendre leur tour
Pour tourner le dos à la vie.
Je peux aussi
Ecouter les ruines
Une envie folle
Me force à reconstruire
Les jardins de mon enfance
Avec l’écho des légendes
Ressusciter les racines
Des figuiers sauvages
Et je lis le temps
J’immobilise la nostalgie
Au cœur de mon cœur
Si mon rêve était absent
Mon regard intérieur serait
Présent.
©Mohamed El jerroudi
10:30 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : rêve, figuiers, folie
24.08.2008
THE END
Hommage aux vivants
Entre une lettre
Et une autre lettre
Je dépose une gerbe de fleurs
En hommage aux vivants
Entre une nostalgie
Et une autre nostalgie
J’écrase une larme
En hommage aux absents
Entre un trottoir
Et un autre trottoir
Quand je croise mon sosie
Je change de trottoir.
Chaque matin quand je me réveille, je m’aperçois que le monde a changé pendant que je dormais...!

Photo de Catherine Wallon.
Moi aussi pour suivre la mode ce matin, je dois changer…. !
Ce site de poèmes, dessins et photos se termine ici et aujourd'hui (le 24 /08/ 2008).
Durant les dernières semaines d'existence de ce blog, je me suis rendu compte qu'il faut aborder la poésie d'une autre façon.
Alors j'ai décidé de changer .... .Si vous voulez voir les anciens poèmes et dessins, allez dans les archives.
Et je remercie celles et ceux qui étaient là .Qui m’ont bien entouré .A eux je dis :
Amicales pensées...!!
À bientôt peut-être...
©Mohamed El jerroudi (Tétouan ,Maroc .le 24/08/2008)
Vidéo que j'ai trouvée sur le blog de Kalima.
22:35 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
23.08.2008
La route du mensonge

Je veux bien oublier
mes sept péchés
Les arbres fruitiers
refusent d'abandonner
leurs feuilles mortes
sur un sol embrasé
L'adieu est un couteau
son cri
a déchiré sa langue
Et ses mots sont restés
debout sur un feu
venu hors du temps
Faut-il emprunter
la route du mensonge
pour rencontrer par hasard
Des réponses
plus dures
que le venin...?
©Mohamed El jerroudi
21:45 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (52) | Envoyer cette note


