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08/06/2011

Les chemins nomades

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© Œuvre de l'artiste Youssef El Haddad.

J’ai lu l’oubli que nous serons

Sous l’ombre des murailles

J’ai transporté l’eau douce au désert

Jusqu’au sable du refus

Le mirage se déroulait sous mes paupières

Epuisait mon regard

Et chantait les poèmes aux pèlerins

Les voyageurs  m’ont invité au voyage

Ma peau marquée du feu de leur  sueur

Les yeux secs cherchaient les chemins nomades

 

C’est l’heure d’un  départ sans retour

Mes mains ont écrit sur le mur de ma demeure

Mes doigts on égrainé les graines de poussière

Et le muet que je suis a prié  sur les bosses des  dunes  

C’est  l’heure d’un vrai départ

 

Là-bas

Des mains dessinent le visage de la misère

Le visage de notre époque allume une flamme morte

Chaque jour qui naît enjambe  le lendemain

Là-bas la mort embarque la mort

Le silence dévore les cris de ceux qui sont parti

Je rêve de les retrouver demain au seuil de mon départ

Demain je serai heureux peut-être. 

 

 

©Mohamed El jerroudi – 30-08-2010

 

21/04/2011

Les chemins bleus.

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Une nuit, durant le sommeil, j’ai rêvé de toi. Et tu es venue à moi, lentement, sans bruit dans ta peau en sueur. Tes mains avaient caressé d’abord mes lèves. Et tu as retiré de ma bouche tous mes délires. Et tu as murmuré longuement une chanson qui déchire le chaos du temps.

Tu es  venue me rendre visite au cœur de la nuit. Tu as  posé ta main sur la mienne. Tus  portais des bagues à tes doigts qui scintillaient comme des étoiles. Tu  m’as regardé et m’a souri pendant toute la nuit. Juste avant la lueur de l’aube, tu  as arrangé tes cheveux et m’a quitté. Sans faire de bruit…

Ce matin est un nouveau jour. Je me prépare un café et m’assois face à la fenêtre. La rue d’à côté est vide. Une pluie fine martèle le sol. J’entends ma voix qui me dit que j’ai vieilli d’un nouveau jour. Et la pluie continue à marteler e sol .Ce matin est un nouveau jour.

Aujourd’hui, c’est un autre jour qui s’offre à toi. Toi qui ne vis que peu d’amour et peu de vie. Continue ton chemin coûte que coûte. Toi qui cherches en vain ton semblable dans cette foule qui ne s’arrête jamais. C’est fou comme ton visage te va bien.

Non tu ne me connais pas. Moi non plus. Nous nous sommes croisé dans la rue. Une seule fois. Ce sont nos yeux qui se sont parlés.les tiens ont sans doute parlé un peu de moi. Les miens me parlent trop de toi. Sil m’arrive un jour de perdre la vue. Je porterai tes yeux avec moi.

Solitaire sur le chemin bleu.’ Écris ton silence sur l’écorce de l’arbre. Lettre d’amour ou lettre d’adieu qu’importe. Quand je te lis, c’est à toi que je pense .Quand je te regarde je regarde avec les yeux de l’âme. Des yeux qui se dépeuplent devant le vide.
Pourquoi tu restes collée à ta fenêtre. ? Il est minuit passé. Cela sert à quoi que tu regardes ta montre. Serais tu pressée.il fait presque jour et la nuit est partie. Déchire ta robe de mariée. Toi qui l’attends. Il ne viendra plus.il est peut-être mort en cours de route. Ou il a changé d’avis…
 
©Mohamed El jerroudi
 
 

 

 

28/03/2011

Soif de liberté.

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Mes yeux s’ouvrent sur un visage qui m’est inconnu .Et que le vent du sud vient juste d ‘embraser. Je sorts dans la rue comme un enfant aux semelles de vent. Et je crie fort très fort à ce visage qui m’est inconnu : J’ai soif. ! Soif de liberté.

 

On s’enfiche des morts et des vivants. On piétine bien les cadavres... !!! Et on s'enfiche des vivants. ! Moi quand je serai dans mon trou, ne me pleurez pas .Car je ne vous entendrai pas. !

 

M.E

05:07 Publié dans poésie/arts | Tags : soif, yeux, liberté | Lien permanent | Commentaires (1)

15/02/2011

Voyage des corpos

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Tous les hommes de la ville sont passés par là

Ils comptent les cailloux de la rue

Apprennent par cœur les graffitis des enfants        

C’est avec le charbon que les enfants ont gravé

Les visages  de ceux qui sont passés par là

Tous  les hommes de la ville ont  aimé   

Les femmes  nues       

Ont aimé  les marchandes du plaisir

Ruelle dans une ruelle dans une ruelle 

C’est comme cela que la ville a assiégé les ruelles     

Tous les hommes

De la ruelle  « EL HILILI » est venue une  conquête  claire     

Mais quelle  est cette conquête dans les corps

Qui verse un vin le meilleur des vins

Et la maîtresse du lieu de sa voix  laide

Hurle à ce que le plaisir soit donné en détail

Chaque soir les jeunes filles se font  belles

Vient la maîtresse et  leur prend leurs  cœurs   

Qu’elle met dans des  sacs à mains troués

C’est sans cœurs que les filles  achèvent

Le partage les baisers et les sarcasmes

C’est le voyage du corps vers le corps

Tous les hommes de la ville sont passés par là

Ils ramassent du plaisir

Un plaisir sans sel

Son écho se perd dans les dédales des ruelles

Les hommes de la ville tous les hommes

Sont passés par là

Les tonneaux de vin font la cour aux corps   

Les cranes des filles sont inondés d’eau de vie

Une eau qui chante   au  plaisir

Un plaisir sans sel

 

Poème de  Zougui habiba 'poétesse marocaine',le 25/01/2011

 Traduit de l’arabe  par Mohamed El jerroudi, le 11/02/11

 

 

 

 

06:46 Publié dans poésie/arts | Tags : voayage, corps, hommes, rue | Lien permanent | Commentaires (9)

06/02/2011

Je ne fais que constater

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         Je viens pour clamer mon existence .Planter d’autres fleurs .Que ma main expose aux yeux des fusils. Au bruit des armes qui explosent .Dans la tête des êtres qui ne font que rêver. D’une fleur à peine éclose.

Quand la rue dit son denier poème. Je mesure l’immensité de tout un peuple. Un autre printemps vient de naître au bout de ses lèvres .Et c’est lui qui vient d’inventé son propre univers. Face à cette immensité je me sens tout petit .Et cet univers à lui seul se lit comme un beau poème... !

Les régimes arabes tombent comme des feuilles mortes. Les USA se préparent à cueillir les fruits. Les pays de L’union européenne se préparent à ramasser les restes. Quand on fait de la politique, il faut se réveiller tôt. Les chinois n’ont pas besoin de courir. Ils sont les premiers à lire les infos le matin.

Je ne fais que constater. Il se peut que je me trompe. Mais je n’ais jamais vendu les armes aux régimes arabes qui humilient leurs peuples... Qui a envoyé les juifs aux fours crématoires ? Ce ne sont pas les arabes à ce que je sache. Les intellos occidentaux n’arrivent pas à résoudre l’équation .Eux, qui sont habitués de penser à la place des peuples sous dictatures.

En Egypte, le vendredi les musulmans ont fait leur prière pour que la dictature plie bagage. Ce dimanche, les chrétiens du même pays font leur prière qui vise le même but. En Egypte, les citoyens des deux confessions font la révolution. En Occident ont fait la guerre des religions.

 Allongé sur un bout de trottoir. Je regarde les passants traverser la rue. Les yeux écarquillés .Ne sachant où aller. Chaque visage cache une histoire. Chaque histoire montre ses seins. ‘A son amant .Qui l’attend ardemment. Quand le soir fait vider la rue. Je change de trottoir.

Mes yeux s’ouvrent sur un visage qui m’est inconnu .Et que le vent du sud vient juste d ‘embraser. Je sorts dans la rue comme un enfant aux semelles de vent. Et je crie fort très fort à ce visage qui m’est inconnu : J’ai soif. ! Soif de liberté.

Enfin, si ce que je pense ne mérite pas même pas un regard, La fripouille que je suis. Devrait  manger,  dormir,  et s’engraisser. Je ne ferai pas la révolution .Les autres la feront à ma place ….

 

 

 

©Mohamed El jerroudi

 

 

27/01/2011

Quand la rue dit son dernier poème.

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En démocratie les misérables votent librement pour enrichir leurs élus. En dictature les élus font voter librement les misérables. Dans les deux cas, il semble qu’il faut bien qu’il y ait des imbéciles pour que les malins puissent vivre.

Dans tous les cas, les malins s'en sortent, les "malins" aussi au sens étymologique du mot...Quant à l'ironie grinçante de la dictature qui fait voter "librement" les misérables... cela fait froid dans le dos!  Un ami poète m’a dit : En tant que poètes et intellectuelle, le poète à pour devoir de dénoncer l’ensemble des mots de nos sociétés dont lui-même est souvent touché par la censure. – c’est vrai. ?  Dis-je à mon voisin qui n’a jamais été à l’école.

Ce dernier me répond :- Qui a dit qu’il va changer le monde. Ce n’est pas  moi en tout cas cher poète. Ce ne sont pas tes poèmes qui chantent faux cher poète qui feront de toi un poète. La dignité réside dans la bouche des peuples. Ces peuples qui hurlent leur dignité dans la rue. Ce sont eux qui sont les vrais poètes..!

 

©Mohamed El jerroudi

facebook dans tout ce grabuge....

 

18/01/2011

Les 'Editions du Cygne.

 

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L'encre de Mohamed El Jerroudi est brûlante, elle dessine des mots, fait danser l’âme, raconte « comment le temps nous dévore et nous déshabille devant la mort », mais aussi , avant l’inéluctable, célèbre la vie et la beauté.
Livre de silence, de recueil

lementoque dans un langage fluide comme un sang vivant, une spiritualité berbère étrange, émouvante, proche de la terre et du ciel.

Jean Botquin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mohamed EL JERROUDI est né au Maroc à Béni Sidel (RIF) en 1950. Il séjourne actuellement à Tétouan. Professeur de français, de 1972 à 2010. Il mène une vie très active, dès 1976, dans le domaine des arts plastiques et littéraires (conférences, écrits et poèmes dans la presse marocaine,...). Poète marocain de langue française, il publia un premier recueil en 1998 Le silence décrit (La croisée des Chemins, Casablanca). Poète majeur mais atypique, il ne fait partie d’aucune école. Profondément épris de liberté, il exprime une pensée universelle ouverte à tous ceux qui placent l’être humain et ses valeurs au-dessus des particularismes du monde.

 

©  Mohamed El jerroudi

11/01/2011

La civilisation cherche encore une grotte

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Toute l’histoire de l’art et la pensée contemporaines sont dans Lascaux et dans la Préhistoire .Si c’est le cas, je voudrais bien savoir qui est le plus civilisé .Nous ou les hommes de la Préhistoire. ? Ne me dites pas en tout cas que nos voitures ou autres gadgets dernier cri sont la preuve que nous sommes les supérieurs. Non. Je n’y crois pas. !

 

Et cette question méritait d'être posée. L'homme moderne pense être au centre du monde, il a pris, intellectuellement parlant, la place du soleil et la terre ne le retient que si peu. Que ce soit à Lascaux ou dans le Tassili, des êtres humains ont dit l’essentiel avec du sang, des sèves et de la terre broyée . Nous avons prdu la vue, l’écoute et la poésie devrait être un de ces fils sacrés qui nous relie non seulement à eux, mais tout ce que nous pressentons sans pouvoir l’exprimer.. !

La civilisation n'est pas une question d'avancée technique ou de modernité, mais d'âme et de spiritualité. Nous ne sommes que les résidus de l'Homme Préhistorique....où nous arrêterons- nous ?

Question inquiétante , car il s’agit de ce qui est civilisé et de ce qui ne l’est pas .

 

La civilité manque de spontanéité. La civilisation cherche encore une grotte.

©Mohamed  El jerroudi

24/12/2010

Culture et Agriculture.

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La culture et l’agriculture. Les deux sont une nourriture .Impossible de s’en priver... ! Quand l’estomac est rassasié, la tête se met à chanter... ! Un espace où la tête et l’estomac font bon ménage. Cela dit, je me demande si ceux qui prétendent s’occuper de notre santé morale et physique,  ne nous prennent pas pour des idiots. Dire qu’à chaque repas ils nous servent des plats insipides. Sommes-nous des cobayes. !? Ils ne cessent de nous faire peur. Sida, les grippes meurtrières des vaccins par tonnes .Le 11 Septembre, l’Irak…Maintenant ils nous inventent un Wikileaks , pour nous nous occuper un peu .Et pour que nous avalions tous les virus de leurs mensonges…. !!!

Quant à moi, il ne me reste qu’à souhaiter  bonne année 2011 à celles et à ceux qui passeront  devant la porte de mon blog..Je leur dirai aussi méfiez vous  des plats de l’année prochaine. 2011 c’est demain. Demain, nous serons heureux peut-être.

 

Mohamed El jerroudi  

01/12/2010

Séparation à Tanger.

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« Chaque ville possède ses créatures de la nuit, ses êtres glauques; même avant que les villes n'existent, la nuit était le royaume des prédateurs, loups et chacals aux yeux de braise que seuls les feux de nos ancêtres de l'âge de pierre tenaient à distance. »En lisant ce passage, Badr dépose le livre et se met à regarder Fadoua. Sa petite amie à laquelle il n’ose jamais avouer son amour. Il sait qu’elle va le quitter un jour. ‘A quoi bon le lui dire? Fadoua  n’a jamais aimé Tanger .Elle vit en Belgique. C’est dans ce pays qu’elle a grandi.

 

Pourtant elle  est née dans cette ville. ’A l’âge de trois ans ses parents se sont installés  en Belgique. Sont enfance est bercée par les chuchotements de la Meuse à Liège. Son père ouvrier maçon a fait  de son mieux pour lui donner une bonne éducation. La trentaine à peine, Fadoua  est une grande artiste peintre et une jeune femme bien dans sa peau. Femme de culture, elle voit son avenir se construire en Europe.    

Elle propose à Badr de la rejoindre en Belgique. Elle l’a toujours aimé. Il réfléchit un instant et lui dit. :-Tu sais Fadoua. C’est impossible .Et tu me mets dans une situation terrible. Mes parents ont besoin de moi .C’est vrai que mon salaire de prof est insignifiant, mais j’arrive à m’en sortir. Enfin ma vie est à Tanger. L’Europe pour moi n’est qu’un espace pour m’évader quand je n’arrive pas à me supporter. Quand je quitte Tanger, je me sens mutilé. Déjà mon voyage commencé, je pense au retour.

Elle s’approche de lui et l’embrasse sur la joue .Comme un frère. Et lui dit : Oui, je te comprends. Fadoua a quelques heures pour quitter Tanger. Elle veut profiter le maximum de la présence de son ami .Ils passent toute la nuit ensembles. ‘ A quatre heures du matin, elle  secoue son ami qui a la tâte ailleurs.  Elle a juste le temps de ramasser ses affaires. Bard sort et cherche sa voiture .Une fois les valises dans la male, ils se dirigent vers l’aéroport qui est à 20 KM. Tout au long de la route, silencieux, ils écoutent  une chanson d’Oum Kaltoum.

L’aéroport de Tanger semble les attendre. Badr qui le connaît bien, se parque dans un coin. Il prend les deux valises et se dirige suivi par Fadoua vers le service des douanes. Une fois les bagages contrôlés, les deux amis vont prendre un café. De temps en temps, ils regardent l’écran qui annonce les arrivées et les départs des avions. Celui  de Fadoua n’y figure pas .Badr lui explique  que les retards sont fréquents à Tanger.

Cinq heures  du matin, enfin on annonce l’arrivée de l’avion qu’attend Fadoua. Bruxcelles est à trois  heures. Elle enfonce sa main dans son sac et  vérifie. Tout est là. Passeport, billets… Badr et Fadoua se regardent .Il lui prend la main la serre très fort. Il sait qu’elle va le quitter. ’A six heures l’avion est déjà dans le ciel de Tanger .Badr la suit des yeux .Fadoua est dans cet avion. La reverrait il un jour. ?

 

© Mohamed El jerroudi

 

23/11/2010

Tahar Ben Jelloun

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Badr cherche dans ces carnets. Sur une page, il trouve le nom de Tahar Ben Jelloune connu dans le monde entier .Lui qui  a eu l’occasion de le croiser à de nombreuses fois  au salon du livre à Tanger .Badr amoureux de cet immense auteur, a décidé de lui consacrer un article qu’il  a manqué de publier sur un journal marocain.  Il décide alors de lire ce qu’il a écrit sur cet auteur dont il a lu tous les romans et ses recueils de poésie.

Tahar Ben Jelloun, voit  Tanger  se dérouler devant lui. Il  ressent  beaucoup d’émotions à travers un suspense où chaque ruelle  réserve une surprise. Il imagine bien les personnages. Il s’y est  fort attaché. Il a de la compassion pour les clandestins .Il est  révolté  par l’injustice  qu’on leur inflige. Des emprisonnements arbitraires. , Apres, en s’en débarrasse à la frontière algérienne  La vie de ces africains  venus  de loin, est très bien racontée dans sa vie quotidienne de Tanger.

L’écriture pour lui, relève d’une démarche intérieure qui appelle  toujours la facilité des échanges. Sur l’estrade des confidences, l’auteur se trouve souvent seul face à son public. Parce que l’évidence est là: si l’auteur apprivoise les mots au point de les coucher au fil des pages ; il n’en est pas toujours de même quand les mots se confrontent au public. Une autre sensibilité peut alors parfois intervenir.
Il navigue et nous invite à naviguer aux côtés de son monde, sur le courant des phrases. Il est de la tradition de l’écrit, mais de celle de l’oral aussi. Avec douceur, humour, intelligence, il brosse le portrait des gens. Le  narrateur qu’il est, .Thar Ben Jelloun  construit des ponts entre l’un et l’autre. Il installe l’histoire sur les parois de toutes les curiosités. Sans brusquer ni ménager. Il bouscule les réticences, les réserves, la pudeur. Il gagne la confiance. Il investit les rives de l’imaginaire, et guide le public dans les méandres de la création, dans les recoins de l’œuvre. Il invite  son lecteur  à l’accompagner, dans ses  voyages,

Réécrire  l’histoire  de Tanger issue d’une  poésie vocale : le pari est de taille. Et Tahar  le relève avec brio. En montrant comment l’évolution des pratiques vocales est indissociable des changements sociaux, politiques, économiques et identitaires de leur lieu d’émergence. Dont  il retrace  les grandes lignes.et décrit avec une poésie profonde  les parfums et  les saveurs de son pays. Lui qui aime répéter souvent que le français est « Sa langue d écriture », Badr pense que Tahar Ben Jelloun,  a bien sûr  raison.de le dire.

 

© Mohamed El jerroudi

 

 

 

19/11/2010

‘A ma mère

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Je sens déjà mes narines dilatées. Savourant l'acre odeur de la cendre. Et du baroud du cavalier que fut mon père. Je raidis déjà mon corps prêt à la bataille. Avant de parfumer mon corps à l’eau sacrée .Serais-je cet enfant qui a hérité des songes ancestrales ..?. Et de ceux qui ont détruit les temples .Des empires où l’amour est Empereur. Où l’esclave brise ses maudites chaines ...! Et qui s’en va pour renaître quelque part.

 

Et je danserai avec de nouvelles vibrations. Et de nouveaux poèmes colorés d’espoirs. J’entends du haut des montagnes Rifaines. Le hurlement bestial d’un cri  triomphant d’une vie qui se moque de tous les désastres. Quand un hurlement me dit quelque chose .Quelque chose qui ne meurt jamais.

Ce cri  me dit de toi : Toi femme rifaine aux yeux meurtriers. Toi qui as inventé ce sourire magique. Toi qui as enfanté  sous un figuier un  enfant  beau comme un voyage. Un voyage qui ne meurt jamais.

Toi femme qui m'as vu naître. Toi qui as entendu mon premier sanglot. J'ai souvenance de ta souffrance. Elle me colle encore à la peau comme l'unique parfum de tes cheveux. Je te jure par le sein que tu m'as donné. Que je porterai ta douleur sur mon front. Sur les chemins qui nous ont séparés. Je porterai ton sourire tout haut comme une boussole. Puisque tout a changé puisque rien n'est plus comme avant. Toi qui as fermé les yeux  Pour la dernière fois. Cela c’est passé  à mon insu un matin. J’aurais aimé être présent. ‘A tes côtés.  Trop tard.  

 

©Mohamed El jerroudi

16/11/2010

Edmond Amran El Maleh .

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Ses écrits sont tous imprégnés d'une mémoire juive et arabe qui célèbre la symbiose culturelle d'un Maroc arabe, berbère et juif. Il nous a quitté le lundi, 15-11- 2010, à l’âge de 93 ans.

Son cercueil enveloppé du drapeau national  a été porté de la place Bab Dooukkala jusqu'au cimetière juif d'Essaouira par Andre Azoulay et les artistes Hassan Bourkia, André El baz ...

Plusieurs personnalités se sont succédés au tour de sa tombe et ont prononcé des discours en hommage à la mémoire du défunt.

Natif de Safi en 1917 d'une famille juive marocaine, Edmond Amran El Maleh a enseigné la philosophie et exercé le métier de journaliste à Paris. A partir de 1980, il se met à écrire une série de romans et un recueil de nouvelles.

Parmi ses nombreuses Œuvres figurent "Parcours immobile" (1980), "Ailen ou la nuit du récit" (1983), "Mille ans, un jour" (1986), "Jean Genet, Le Captif amoureux et autres essais" (1988), "une femme, une mère" (2004), ou encore son dernier ouvrage "Lettres à moi même" .

En 1996, il se voit décerner le Grand Prix du Maroc pour l'ensemble de son Œuvre.

Adieu Edmon. !

 

©Mohamed El jerroudi

14/11/2010

Le mur des fainéants.

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Dans son roman « Le pain nu »,Choukri, lui, revisite la période du statut international de Tanger . Il rétablit, dans leur contexte, des vérités occultes. M. Choukri rend compte des fausses splendeurs de cette époque. Il rappelle à notre mémoire sélective "la misère, la faim, les bordels sordides, le viol et l'exclusion". Autant de "privilèges" octroyés aux résidents de première catégorie d'une ville sous tutelle étrangère.

C'est donc cette description cruelle qui a fait la force de ce roman autobiographique où la diction renverse la fiction. Un roman dont le texte n'existait toujours pas en arabe quand la traduction française, signée Tahar Ben Jelloun, a été éditée en 1981. Il ne s'est pas trouvé un seul éditeur qui ait le courage et l'audace de publier ce livre où la vérité d'un vécu est subversive et révolutionnaire. La censure est déjà installée dans les mentalités, écrivait Ben Jelloun. Paul Bowles l'avait, en revanche, adapté en anglais dès 1973.

Atlas Bar .C’est dans ce lieu que Badr, rencontre son ami Mohamed Choukri . L’enfant terrible de Tanger. Badr lui dit :-pourquoi on s’acharne sur ton livre. ? Choukri écrase son mégot et lui répond : C’est parce que j’ai écrit « Le pain nu ». ? Trop tard. Je n’ai pas choisi ma vie. Pour moi, la littérature n’est pas une promenade, mais une protestation.

Mohamed Choukri , écrit comme il marche .Et quand il parle, il ne tient pas sa langue dans sa poche. Il est  traduit  dans une quarantaine de langues .Victor Hugo a écrit les  Les misérables. Lui,  a écrit Dans son roman « Le pain. Le pain nu. Difficile de comparer les deux auteurs. Choukri   n’a jamais  herché la gloire. ‘A Tanger, un artiste ou un écrivain s’enfichent  de la gloire. Sortons, j’étouffe dit il à Badr.

Ils font le grand boulevard. Mur des fainéants. Un endroit très fréquenté  à Tanger. Badr et Choukri,  s’y arrêtent souvent  .Pour admirer le port. Badr interroge son  ami.

-je ne sais pas pourquoi on dit « Mur des fainéants!?

Ce dernier lui répond .Cet endroit est un refuge pour les vagabonds, les désœuvrés. Ils viennent ici pour regarder la mer .Fumer un joint en cachette .Draguer .Et rêver de quitter un jour Tanger. Les femmes au foyer ont leur coin pour bavarder. ‘Au mur des fainéants, le temps n’existe pas .Personne ne pense à lui.Badr regarde sa montre .Il se rappelle que Khadija l’attend .Il salue son ami et s’en va. Trop  pressé. Il veut  revoir sa petite amie.

 

© Mohamed El Jerroudi

 

 

11/11/2010

Tanger...!

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Tanger, ce matin le soleil brille sur le détroit de Gibraltar. Ce détroit où se croisent deux continents. Badr, cet homme qui n’a pas d’âge regarde la mer par sa fenêtre. L’Espagne, n’est pas loin. Badr est à vol d’oiseau de l’Europe. Il referme sa fenêtre et se dirige vers sa valise. Il commence par poser le doigt dessus. Il se surprend entrain de rêver .Un nouveau rêve ou un autre départ, viennent de naître. 

Badr prend la valise. Essaie de l’ouvrir, mais s’aperçoit que ses mains tremblent. Il la dépose et commence à réfléchir. ’A  chaque  fois quand il touche cette valise, ses mains le lâchent. Cela lui arrive fréquemment quand il se prépare pour un voyage. Il finit par croire que la valise est hantée. Ou qu’il est  victime d’un mauvais sort. Badr se relève, ferme la porte et sort pour errer dans les rues de Tanger. Ii veut oublier cette maudite valise.

Demain, nous serons heureux peut-être ! Cette phrase n’est pas étrange à Badr. C’est son ami d’enfance Robio qui la lui répète souvent quand ils se séparent après avoir passé toute la nuit avec leurs petites amies Nouzha et Khadija.  Badr décide de chercher son ami qu’il  a perdu de vue .Il sait où le trouver.  Café de Paris en face du Consulat de France et la galerie d’art, Delacroix. Cette galerie mythique qui a exposé des artistes des quatre coins du monde.

Le café de Paris à, Tanger est connu par les  auteurs célèbres qui l’ont fréquenté. Paul Bowles, Jean Genet, Mohamed Choukri, Tahar Ben Jelloun et bien d’autres…Badr, les a tous côtoyés. Ils les a tous lus. Robio son ami est assis à une table habituelle.  Badr s’approche de lui et lui dit tout bas. --Demain nous serons heureux peut-être ! Robio , affiche un beau sourire .Il est content de revoir son ami.

Robio , lui seul connaît les lieux mystérieux de Tanger. Quand la nuit tombe, il entend les véritables chants de sa ville .Loin des mensonges dorés. Lui seul mesure la porté des mots de ceux qui l’ont traversée. Quand robio commence à chanter, Badr l’écoute . Il aime la voix de son ami. Il aime le voir chanter. Quand robio finit sa chanson, Badr lui dit : --J’adore ta façon de vivre .il y en a qui prennent jamais de bon temps ! Ils bossent, bouffent et crèvent !--Une autre chanson mon ami. Sans hésiter, Robio entame une autre .Celle de Houssin Slaoui .Y Tanja Y lalya …..Alyaaaa….

Robio chuchote dans l’oreille de Badr. --Douce nuit à toi mon ami. Demain, nous seront heureux peut-être ! Ils se séparent. Il est minuit à Tanger. Les lumières de la ville montent vers le ciel et tombent dans la mer. Il est temps .Les barques se réveillent comme des fantômes.

La nuit, Tanger change de visage .C’est une autre vie .Celle d’autres visages qui n’apparaissent que dans les ténèbres. Les ivrognes,  les mafieux, les clandestins, les passeurs, les escrocs…. La  nuit, Tanger est une femme qui se maquille .Se fait belle. Pour vendre son corps  aux clients qui désirent assouvir la fureur de leurs fantasmes.  Loin des regards. La nuit à Tanger, il n y a pas de frontière  entre Dieu et le diable. Oui, tout est permis .Tout s’achète et se vend.’ A l’insu du jour. !

 

©Mohamed El jerroudi

 

 

 

 

 

08/11/2010

partir est ma demeure.

  Voici ma demeure

Où j'ai appris à rêver

Avant d'apprendre à marcher

C'est ici que j'ai appris

A vivre avec la mort et la vie

 

Je porte en moi

Une mémoire blessée

Et jamais je n'ai marché

Sur le trottoir de mon histoire

Ou me dérober de la vie ou la folie

 

 Quand je me réveille

Je hurle  à la mort

Aux cimes des montagnes

A l'existence de l'homme

Et la lourdeur du fugace

 

Partir est ma demeure

Et ma demeure

N'est qu'un au revoir

 

Les lieux sont mon départ

Je parcours ma mémoire

Et je m'abîme loin

De moi-même

 

Plus loin que loin

Ainsi est le chemin

De mon voyage

 

Et rien ne m'arrive

Sinon l'heure d'un nouveau

Voyage.

 

©Mohamed El jerroudi

 

 

                             

 

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02/06/2010

La mer était rouge.

 

 

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 Dix-neuf passagers ont été tués et 36 blessés lundi lors de l'assaut donné par des commandos israéliens contre une flottille humanitaire internationale qui se rendait à Gaza, selon un nouveau bilan de la chaîne 10 de la télévision israélienne.

 

 

  

Je suis convaincu que je n’apporte rien de  nouveau, puisque ce crime est passé sous les yeux de tout le monde .Citoyen du monde, j’ai essayé de croire que cet état comprendra un jour que le monde a changé et qu’il deviendra raisonnable avec le temps.

 

Les événements se sont passés à l’encontre de ce que je souhaitais. C’est que je m’attendais à une bouffée de Paix, dans cette région du monde meurtrie par un conflit qui a duré l’âge que je porte.  

Le 31 Mai 2010;

 La censure militaire a interdit la diffusion de toute information sur le nombre de morts et de blessés transférés vers des hôpitaux en Israël. La communauté internationale  a  aussitôt réagit contre cet acte barbare commis par Israël, des actes,   «fortement  inhumaines  et aux conséquences irréparables».  Alors que l’état d’Israël reste impuni jusqu’à nos jours.

 

La flottille acheminant des centaines de militants pro-palestiniens et de l'aide pour Gaza avait appareillé dimanche après-midi pour le territoire palestinien. Dans la soirée, peu après 21h00 locales (18h00 GMT), trois patrouilleurs lance-missiles de classe Saar israéliens avaient quitté le port septentrional de Haïfa pour aller intercepter la flottille, selon des journalistes à bord d'un bâtiment.

La marine israélienne avait annoncé son intention d'empêcher, de force si nécessaire, la flottille de s'approcher des côtes de la bande de Gaza, soumise par Israël à un blocus strict - sauf pour les produits de première nécessité - depuis la prise de contrôle du territoire par le mouvement islamiste Hamas en juin 2007.

 Quant à moi; j'attends cette paix qui viendra ou ne viendra pas.

Ah c’est bien… ! Mais maintenant que je vais devoir faire attention à ce que j’écris quand je dis le mot PAIX !! Moi qui étais cloitré au  fond de mon ignorance… ! Je vais devoir réapprendre  à réajuster mes convictions   pour me remettre dans le droit chemin.

Sachant  absolument  que le mot Justice, n’existe que dans un  petit dictionnaire. …

Tandis qu’à L’ONU  ce mot est lu à l’envers..! C’est pourquoi le monde ressemble à un ballon qui ne tourne pas rond. J’ai oublié que j’habite au bord de la  méditerranée. Je dois donc ne jamais m’aventurer dans les eaux internationales : je risquerai ma peau c’est sûr..! La mort ? Non ! je ne veux pas mourir avant de planter un olivier à GAZA, dans un coin que je choisirai moi-même. Et j’avoue que je ne suis pas un héro …je suis comme tout le monde. J’ai peur !

 

©Mohamed El jerroudi

 

 

 

27/05/2010

Quand mon ami l’artiste Joan Manresa me rappelle mes 60 ans.

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04/05/2010

Les temps révolus.

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Toile©MONIA TUISS
J'attends
depuis l'aube des temps
le retour de mon père

Il m'a appris
comment
m'enivrer de l'odeur
de ma terre natale

Ses chansons se balançaient
au grès du tonnerre

Avant son départ
il m'a offert
le reflet de son visage

pour ne pas perdre
le repère

de mes ancêtres.

De la bouche de mes ancêtres
le blé n'a jamais manqué
de parole à sa terre

Le pollen n'a jamais déserté
les pétales de sa rose
L'olivier n'a jamais oublié
l'ombre de son ombre

C'était à l'aube des temps révolus
C'était à l'aube des temps futurs
Quand j'étais une goutte transparente
dans le ventre de ma mère

La sueur des fronts
coulait dans la mémoire
comme un fleuve de miel


©Mohamed El jerroudi

09/02/2010

Mahmoud Darwish : A un assassin - Etat de siège...

Si tu avais contemplé
Le visage de ta victime
Et réfléchi
Tu te serais souvenu
De ta mère
Dans la chambre à gaz

Et tu aurais changé d’avis
Ce n’est pas ainsi
Que l’on recouvre
Son identité

Si tu avais laissé
Trente jours au fœtus
Le nouveau-né
Aurais oublié
Le temps du siège
Aurais étudié
Avec l’une de tes fille
L’histoire ancienne d’Asie

Et ils auraient pu s’aimer
Et donner jour à une fille
Elle serait juive de naissance

Ta fille est aujourd’hui veuve
Ta petite fille orpheline

Comment as-tu pu d’une seule balle
Abattre trois colombes ?

Rien de nouveau
Dans le monde civilisé
Tout est banalisé

Les temps de la barbarie sont passés
La victime
Comme la vérité est relative

Alors sois
Ou tu ne seras jamais.



©Mohamed El jerroudi

ps: texte traduit de l'arabe

22/02/2009

Etranges visages

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Je crie ma parole
Aux doigts meurtris
Par le froid du béton
Je leur cris derrière la colline
La fureur du vent

Et je leur dirai
Etranges visages
Venus de si loin
Vous avez écrit vos songes
Sur la blancheur du matin
Quand la cruauté de la nuit
A attisé le feu de vos cauchemars

Vous avez rêvé aux perles d'Orient
Aux étoile d'argent
Quand votre chemin monte
Vers tous les chemins
Et votre premier départ
N'est qu'une simple Illusion

Etranges visages
Venus de si loin
J'écrirai vos noms sur les sommets
De vos montagnes ancestrales


Pour que le vent les porte
Vers d'étranges rivages
Si lointains.



©Mohamed El jerroudi

03/02/2009

Quand je serai poète.

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Quand je serai poète
J’écrirai des poèmes
Que mes lecteurs boiront
Comme un vin vers après vers

Je leur parlerai d’un ciel
Dont la couleur n’existe
Que dans les yeux des aveugles

Je leur parlerai d’une terre
Ma terre une terre
Qui existe dans toutes les mémoires
Dont la surface n’existe
Nulle part ailleurs
Sauf qu'elle n'appartient
à personne


Mais comme je ne le suis
Pas encore
Il ne me reste qu’à broyer
Mes rêves dans une meule
Dont le dictionnaire
Est incapable de prononcer
un seul mot

En attendant que je sois
Un grand poète

Je dois ...!

Creuser ma terre
Planter un palmier
Un figuier et un olivier


Cela dépendra du temps
Qu’il fera

Et je balancerai
Tous les dictionnaires
Par la fenêtre

Quand je serai poète
Je serai abandonné
Par Dieu et les hommes
Je serai esseulé et seul

Seul tout seul

Mais je me souviendrai
Bien de ma Terre.



©Mohamed El jerroudi



De ces pays frappés où rien ne peut avoir Joie. Cette guerre contre laquelle s’insurgeraient les armes et non pas les larmes du cœur. Puis tous ces enfants pour lesquels leur propre pays ne peut écrire aucun poème, et nous qui nous disons si près, à soutenir la Grande Détresse contre la Grande Infamie : phrases inutiles qui peuvent proliférer de tous côtés, phrases pour rien, quand je ne peux ignorer le drame qui se joue, l’omniprésence de la haine à une échelle qui nous dépasse, et cette question que tant de poètes peuvent se poser : Quel est le grand moyen de la poésie ?

Dans le théâtre de la parole, une espèce de vérité me retient : « Le retour au sol » de Rimbaud. Et pour cela, innombrables sont les clôtures sur lesquelles il nous faut agir… obstructions, barricades, fausses fenêtres sur le monde, fers, enchaînements, et cette question qui ne peut promettre aucune réponse : Quel est le grand moyen de la poésie ?

Ou alors peut-être cette réponse : que tout être humain a le droit à un horizon. Et ce qui doit faire partie de notre horizon ce n’est même pas le mot PAIX. L’humain doit se « dégager » entièrement de tous les jougs, y compris des distorsions de son imaginaire. Il y a parmi la Réalité une réalité dans laquelle toute clôture doit être sévèrement critiquée, je parle ici du grand mensonge qui se dresse contre la vie.

Et il n’y a pas pire saloperie que ce qui se dresse contre la vie des enfants !

Que voir ou penser d’un poème quand il n’y a que destruction massive ? Est-il un échec de plus ou un vrai moyen de mobilisation ? Une citation de plus ou une réelle incitation à répondre à l’appel de l’horizon ?

Je sais que de la pratique poétique exercée chez quelques uns, pas tous, mais chez quelques uns seulement, il ne s’agit en aucune manière de poésie-divertissement, de poésie-spectacle… !

Recommencer le poème comme on recommence une vie et ses multiples chemins du passé, du présent et de ce qui est encore à venir. Recommencer le poème comme on décide de ne pas renoncer à recommencer une terre… Est-ce là une des réponses à la question Quel est le grand moyen de la poésie ? Mais encore faut-il Recommencer l’horizon ni dans l’or ni dans le remord, mais seulement à partir de l’horizon lui-même, qui ne souffre d’aucun affront et d’aucune oppression.

Pour tous ces enfants meurtris, voici le mot de la fin : Recommencer notre acquiescement à la vie !


©Nathalie Riera, 21 janvier 2009

14/01/2009

Les mains de l’insaisissable.

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©Farid Belkahia.

Le hurlement de la soif
Fait vibrer le visage du désert
Paroles de sable
Vents de l’errance
Des pierres millénaires
Interpellent les portes du ciel

Eau chemin de la vie
Les mains de l’insaisissable
Déchirent la peau du silence
Quand le corps craquelle
Sous les yeux de l’indifférence

Les oiseaux ont déserté le ciel
Qui respire un feu
Venu hors du temps
Et les arbres fruitiers
Refusent d’abandonner
Leurs feuilles mortes
Sur un sol embrasé

L’adieu est un couteau
Son cri a déchiré sa langue
Le regard a fermé ses yeux de pierres
Comme de vieilles portes broyées
Par les mâchoires des serrures

Le sanglot des ruines
Irriguent la poussière des souvenirs
Sur des pages écrites
Avec une encre sourde
Qui s’endort dans le secret des mots
Et le cœur dévoile toute sa lumière

Sur le chemin du passé
Le visage creusé
Par les traces des désirs
Engouffre ses soupirs
Dans un corps enflammé
Pour arracher au soir les lueurs de l’aube

Saisir l’ombre des mots
Gravés sur des lèvres lumineuses
L’odeur de l’argile rappelle au cœur
Le moment de faire sa prière

L’éternel est un livre fermé
Chargé d’une énigme
Impossible à déchiffrer

Mémoire
De ceux qui sont partis
Oubliant le chemin du retour..!
.


©Mohamed El jerroudi

27/12/2008

Transe

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Des paroles enflammées dansent
Avec le frémissement d’un corps
Né au coin d’une poitrine large
Comme une main parsemée d’étoiles

Chaque soir s’écrit l’indicible
Le long des fissures des blessures
Enfuis dans une ombre
'A la face peuplée de rêves effacés

La transe parle sans arrêt
Un langage habité de désirs
Entassés dans un lambeau de chair
Coloré de cendre et de fumée

Les yeux boivent le reflet des couleurs
Au rythme des souffles perdus
'A jamais dans la voix de la nuit
Frappent le souffle avec un souffle essoufflé

Des gestes muets cherchent leurs paroles
Sur des murailles de mémoires
Découvrent sur le chemin des ancêtres
Les traces d’une sueur au parfum de sable

La transe vide sa bouche de ses feux
Comme une cascade de colères infinies
Avance de sursaut en sursaut

El le corps s’effondre
En petits morceaux.


© Mohamed El jerroudi

13:20 Publié dans poésie/arts | Tags : transe, corps | Lien permanent | Commentaires (19)

09/12/2008

L’écho des légendes

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© Monia Touiss

Je peux aussi
Revenir de mon errance
Raconter ce que j’ai vu

J’ai vu
Le sang annoncer chaque matin
Une mort qui n’a pas de nom

J’ai vu
Des yeux qui pointent leurs regards
Etonnés
Sur des corps déchiquetés
Par les mains de la folie

J’ai vu
Des enfants adossés
Aux murs de l’indifférence
Attendre leur tour
Pour tourner le dos à la vie.

Je peux aussi
Ecouter les ruines
Une envie folle
Me force à reconstruire
Les jardins de mon enfance
Avec l’écho des légendes
Ressusciter les racines
Des figuiers sauvages

Et je lis le temps
J’immobilise la nostalgie
Au cœur de mon cœur

Si mon rêve était absent
Mon regard intérieur serait

Présent.




©Mohamed El jerroudi

10:30 Publié dans poésie/arts | Tags : rêve, figuiers, folie | Lien permanent | Commentaires (35)

 
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