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14/11/2010

Le mur des fainéants.

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Dans son roman « Le pain nu »,Choukri, lui, revisite la période du statut international de Tanger . Il rétablit, dans leur contexte, des vérités occultes. M. Choukri rend compte des fausses splendeurs de cette époque. Il rappelle à notre mémoire sélective "la misère, la faim, les bordels sordides, le viol et l'exclusion". Autant de "privilèges" octroyés aux résidents de première catégorie d'une ville sous tutelle étrangère.

C'est donc cette description cruelle qui a fait la force de ce roman autobiographique où la diction renverse la fiction. Un roman dont le texte n'existait toujours pas en arabe quand la traduction française, signée Tahar Ben Jelloun, a été éditée en 1981. Il ne s'est pas trouvé un seul éditeur qui ait le courage et l'audace de publier ce livre où la vérité d'un vécu est subversive et révolutionnaire. La censure est déjà installée dans les mentalités, écrivait Ben Jelloun. Paul Bowles l'avait, en revanche, adapté en anglais dès 1973.

Atlas Bar .C’est dans ce lieu que Badr, rencontre son ami Mohamed Choukri . L’enfant terrible de Tanger. Badr lui dit :-pourquoi on s’acharne sur ton livre. ? Choukri écrase son mégot et lui répond : C’est parce que j’ai écrit « Le pain nu ». ? Trop tard. Je n’ai pas choisi ma vie. Pour moi, la littérature n’est pas une promenade, mais une protestation.

Mohamed Choukri , écrit comme il marche .Et quand il parle, il ne tient pas sa langue dans sa poche. Il est  traduit  dans une quarantaine de langues .Victor Hugo a écrit les  Les misérables. Lui,  a écrit Dans son roman « Le pain. Le pain nu. Difficile de comparer les deux auteurs. Choukri   n’a jamais  herché la gloire. ‘A Tanger, un artiste ou un écrivain s’enfichent  de la gloire. Sortons, j’étouffe dit il à Badr.

Ils font le grand boulevard. Mur des fainéants. Un endroit très fréquenté  à Tanger. Badr et Choukri,  s’y arrêtent souvent  .Pour admirer le port. Badr interroge son  ami.

-je ne sais pas pourquoi on dit « Mur des fainéants!?

Ce dernier lui répond .Cet endroit est un refuge pour les vagabonds, les désœuvrés. Ils viennent ici pour regarder la mer .Fumer un joint en cachette .Draguer .Et rêver de quitter un jour Tanger. Les femmes au foyer ont leur coin pour bavarder. ‘Au mur des fainéants, le temps n’existe pas .Personne ne pense à lui.Badr regarde sa montre .Il se rappelle que Khadija l’attend .Il salue son ami et s’en va. Trop  pressé. Il veut  revoir sa petite amie.

 

© Mohamed El Jerroudi

 

 

Commentaires

« Pour moi, la littérature n’est pas une promenade, mais une protestation. »

Il me semble que, plus que n’importe quoi d’autre, « la protestation » mérite notre attention, parce qu’elle « signifie ».

Elle signifie qu’elle nous considère dignes de figurer dans son espérance. Il y a protestation parce qu’il y a espérance : je proteste parce que j’espère que tu m’écoutes et, si j’espère de toi, c’est parce que je te considère, que je crois en toi. C’est cela que j’ai compris et c’est pour cela que j’aime ce que je lis ici.

Merci à toi Mohamed pour ta présence et ce que tu nous donnes là.

Et aussi, pour ceci :

Je n’ai pas saisi tout de suite le sens du dernier paragraphe,

Puis, l’ayant je pense compris, je n’ai tout d’abord pas été certaine d’en partager toute la philosophie.

Puis, en réfléchissant mieux, il me semble saisir quelque chose qui me met face à ma propre colère et qui m’apaise sans doute parce que moi aussi je préfère la paix.

Merci à toi Mohamed. Monique

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Monique
Je dois t’avouer que je dois corriger à chaque fois quand je me relis … !
Et je reconnais que ce n’est pas facile …

Mohamed

Écrit par : monique | 12/11/2010

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