20.05.2009

Le commencement des jours.

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PHOTO, © DUMARIE


Silence
Sindibade est revenu de loin
Avec quelques paroles
Et une poignée de questions
Paroles ombre de dunes

Faisceaux lumineux


Paroles qui planent dans l'air
Comme le duvet d'un moineau.
Paroles collées à la terre
Comme une pierre jonchée
Au bord d'un chemin

Paroles qui coulent
Comme un fleuve enragé
Paroles qui se cabrent
Devant l'innommable.

Paroles talismans qui ressuscitent
Aux noyés l'origine de la vie
Et la boussole de l'étoile céleste.


Sindibad s'égare
Dans les dédales de ses paroles
Il est le blessé par des éclats aveugles
Et son âme bouscule les choses
Et son rêve habite le ciel
D’une nuit aux étoiles mortes.
Et son sang sacrifié
Dans le ventre du sable.



Sa dernière voix s'éteint
Après l'ultime départ.

Il veut la nuit
Point de rencontre avec le naufragé
Sindibad navigue sur le souffle de l' aube

Et la rose récupère
Ce qu'elle a perdu de son pollen.


L'arc de la pluie dénude l'éternel.
L’univers tourne au rythme de l'œil.
Ici un espace vide.
Là-bas une contrée lointaine.


Il veut la nuit.
Et la mer est immobile...
Juste après la dernière noyade...
Juste après l'étreinte de sa peur...
Pour un nouveau voyage.


De l'éclosion d'un volcan
Naît une île nouvelle
Comme un souffle
Qui se dérobe à la furie des vents.
Et qui fuit le choc de deux histoires lumineuses.


C'est un trait de lumière
Qui traverse le ciel et la nuit.
Tranche entre la parole sincère
Et la magie de l'hypnose.
Entre les petites vérités
Et des lettres grandioses..


La barque navigue vers la caverne céleste...
Celle qui se tait pour laisser passer les miracles.
Sindibad n'a pas encore rencontré la fleur de l'aube
Dont les pétales colorent le destin des jours.

Malgré son tapis qui fond les millénaires
Sindibade reste muet face
Au commencement des jours.



© Mohamed El jerroudi

Trackbacks

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Commentaires

Sindibade revient au port et repartira toujours
en quète de réponses à ses questionnements
ne sommes nous pas tous un peu des marins ?
amitiès

Ecrit par : ventdamont | 29.03.2009

Tu est un grand poète. J'aime beaucoup lire tes poèmes.
Amiaties
Maru

Ecrit par : maru | 29.03.2009

Cher Poète,
Je te remercie de m’accepter parmi tes amis…
Je suis très touché par la beauté que dévoile ce poème, avec tant d’imagination et d’échos universels !
Moi que j’ai choisi, depuis mon enfance, le nom de Simbad comme la boussole de mes rêves, mes aventures et de mes errances sans vouloir le retour à Ithaque, je prie de me permettre à présenter ce poème dans mon blog : SIMBAD
http:// www.simbadi.com... Lire la suite
Amicalement
Vasil Qesari

Ecrit par : Vasil Qesari | 29.03.2009

Vous avez le don des images belles et fortes. Je suis
admirative!
"paroles qui planent dans l'air
comme le duvet d'un moineau"

Ecrit par : Anne-marie Derése | 29.03.2009

Oui silence, car voici que Sindibad( سندباد), de retour de ses sept voyages va parler.
A -t-il appris la sagesse? Plus d’interrogations que de réponses.
Et voici que le poète par la magie de ses mots ressuscite Sindibad et le fait témoigner de ce qu’il a à dire. Voici que les paroles de Sindibad rejoignent tous les éléments mystiques: l’air et la terre et l’eau du fleuve et le feu de l’étoile.Paroles sacrées. Paroles inouïes.
Mais quel est le discours de Sindibad pour qu’il se perde dans ses paroles? Ses blessures ou la nostalgie du souvenir quand il habita le ciel le hantent - il comme un rêve épuisant?
quelle rencontre a-t-il faite avec celle du naufrage? Pourquoi veut-il la nuit? A-il vécu au-delà de sa peur?
Où est sa vérité?
Mais il recherche toujours sa vérité «la fleur de l’aube»
La barque de Sindibad continue de voguer vers la caverne profonde: son âme.
Il doit savoir qu’il n’a toujours rien appris.
Merci Mohamed pour ce poème, un peu hermétique, et magnifique.

Ecrit par : Bernadette Jadot | 29.03.2009

Cher Mohamed,
"L'arc de la pluie dénude l'... Lire la suiteéternel. L’univers tourne au rythme de l'œil.Ici un espace vide.Là-bas une contrée lointaine."

Merci de nous mener dans ces lieux où la parole se fait "île nouvelle, comme un souffle", selon les modalités variées de ton écriture; chemin faisant, où vos bons mots semblent faire sens et faire mouche en même temps, permettant à l'oeil de dénuder l'image, pour des contrées où le poème est un intermédiaire dans cette opération de la magie des mots, un "point de rencontre" entre nous, pauvres naufragés que nous sommes.
Encore merci à vous

Ecrit par : Roland Reumond | 29.03.2009

Cher Mohamed,
"L'arc de la pluie dénude l'... Lire la suiteéternel. L’univers tourne au rythme de l'œil.Ici un espace vide.Là-bas une contrée lointaine."

Merci de nous mener dans ces lieux où la parole se fait "île nouvelle, comme un souffle", selon les modalités variées de ton écriture; chemin faisant, où vos bons mots semblent faire sens et faire mouche en même temps, permettant à l'oeil de dénuder l'image, pour des contrées où le poème est un intermédiaire dans cette opération de la magie des mots, un "point de rencontre" entre nous, pauvres naufragés que nous sommes.
Encore merci à vous

Ecrit par : Roland Reumond | 29.03.2009

De l'émotion et tout ce qui va avec, le voyage comme un célinien en quête de son imaginaire... Les mots pour des maux vers la bonté et la beauté de l'écriture ! Tu me fais l'effet d'un rédempteur mon Cher Mohamed, que les mots toujours te soient pour notre plus grand bonheur !

Ecrit par : Alain Guillo | 29.03.2009

Mohamed, je connais Anna-Marie Derèse, c'est une grande poétesse que j'apprécie comme je t'apprécie, à travers tout ce que tu écris, avec tant de bonheur d'écriture et de sensibilité.
"Et son sang sacrifié/ dans le ventre du sable"
"L'arc de la pluie dénude l'éternel "

Magnifique.
Jean, ton ami.

Ecrit par : Jean Botquin | 30.03.2009

Même Simbad revint sur ses terres, et Ulysse malgré son long voyage ne désire que rentrer sur sa terre natale même si les dieux s'opposent, il reconnaissent son héroïsme et sa persévérance à "Apprendre", et à utiliser son intelligence pour contrer la volonté divine et lutter contre le hasard qui le porte d'ïles en îles.
Simbadi veut l'ombre car de l'ombre nait la lumière et le repos éternel. De boussole il n'a que son cœur

Ecrit par : Claude Chatron-Colliet | 04.04.2009

Finalement un peu perdus dans ces paroles que Sindibad nous narre, agréablement ... égarés même dans son intarissable flot de questions intérieures, d'interrogations muettes et poétiques à la fois, à l'orée du mystère qui l'interpelle, au bord d'un paysage merveilleux où l'on ne reconnait rien, entourés de sons comme une douce plainte que les réponses n'atteignent pas, penchés sur des images d'un ailleurs précis où l'on tourne en rond de lettres en paroles, de vers en mots, de murmures en non-dits afin que quelques vérités se révèlent à qui sait comprendre, attentif, sensible aux phrases dont les sens cachés s'évaporent à peine énoncés, comme un univers lisse et impénétrable tel un miroir derrière lequel serait le gouffre de l'éternité à chercher à comprendre ce qui ne demande aucune explication.. seulement l'écoute, la respiration des effluves d'un faible parfum.. quelques lettres éparpillées à ramasser, triées dans les grains de sable du désert.. le souffle d'un sublime poème mélangé..
Merci Mohamed pour ce poème absolument sublime qu'on relit inlassablement avec toute la magie de vers extraordinaires...

Ecrit par : Ariane Wolteche Daumen | 05.04.2009

Bien joué...

Ecrit par : unevilleunpoeme | 07.04.2009

"...Les petites vérités
...et les lettres grandioses"

Et le temps au milieu dont nous ne savons ni pourquoi, ni comment.

Ce poème nous met face à ce que nous nous efforçons de fuir. Mais nous ne fuyons pas tant nous sommes courageux. Nous lisons et relisons pour apprivoiser avec les mots.

Merci au poète magicien. Monique

Ecrit par : monique | 11.04.2009

Magnifique texte, qui soulève plein de questions ...et qui laisse au lecteur, trouver les réponses qui lui conviennent !
Merci, Mohamed pour ce si beau voyage, avec cette pâte
qui caractérise le Poète que tu es ...

Ecrit par : Frantz Cialec | 13.04.2009

et on ère sur les rivages de ta mémoire, ne sachant prendre le large que pour perdre les pans de l'histoire...

Maître El Jerroudi, un plaisir de te lire :)

Ecrit par : Fedwa Misk | 18.04.2009

Mémoire, montagne de souvenirs... à la source de nous-mêmes, ou la prière de l'eau, un mirage, peut-être...

Merci, infiniment, très cher Mohamed

Ecrit par : Véronique Sauger | 18.04.2009

ces mots sont forts , beaux , seul le silence est digne
d'eux

merci

Ecrit par : Fatema Hal | 18.04.2009

Toujours des messages sublinimaux qui laissent aux lecteurs le choix de la réponse. Tes poèmes sont toujours aussi beaux.
Bonne journée à toi Mohamed.
Amitiés de Michel

Ecrit par : Michel | 03.05.2009

Plaidoyer pour Mai, Mois du souvenir.

A ma Mère,

Le mois de Mai est au portillon de l'été. Charnière entre le bien et le mal, il s'achève a peine qu'il débute. Enveloppé d'une chape de plomb, il pèse lourdement sur les mauvaises consciences des rescapés de l'histoire.

Mois de Mai, mois d'horreur et de douleur. Mois du Souvenir.

Amicalement.

Ecrit par : anonyme | 09.05.2009

Je ne sais trop pourquoi mes mel ne vous sont pas parvenus... Je n'ai pu résister, je ne sais pourquoi, au plaisir de faire un petit papier sur vous, sur mon site et de traduire l'un de vos textes en langue corse...Enfin, lorsque je dis que je ne sais pas, je mens car il est évident que votre manière d'écrire me va droit au coeur.
Avec mon amitié.

Norbert Paganelli

Ecrit par : norbert paganelli | 12.05.2009

superbe poésie sur le sens et le non sens des mots dans les maux...une harmonie de sons et d' images qui nous impregne de dame nature...merci

Ecrit par : pascale | 13.05.2009

"Et la rose récupère
Ce qu'elle a perdu de son pollen. "


Ma chérie !
J’attends que tu te taises !
Tu dis que je ne t’aime pas
Alors que toutes les femmes avant toi
Etaient une parenthèse !
Je te vois parfois pleine d’émoi
Comme prise d’un malaise
Alors que c’est toi –et personne d’autre que toi–
Ma banane, ma pomme, ma fraise !
Tu es ma canne quand je ne vois pas.
Tu es mon eau quand je ne bois pas.
Tu es mon sol si je n’ai pas de chaise !
Tu es mon sentier quand je suis perdu
Tu es ma musique lors de mon travail ardu
Tu es mon problème si je ne suis pas à l’aise !
Alors, sois souriante comme une hôtesse française !
Sois brillante comme une reine anglaise !
Sois vivante comme une cuisinière japonaise !
Sois rêveuse comme une chômeuse polonaise !
Et regarde-moi dans les yeux
Mets-moi bien à l’aise !

Ecrit par : Mohamed Ali | 14.05.2009

Je vous découvre avec un immense plaisir. Votre poème est percutant, lourd de sens, une vérité qui murmure et se met en place. Tout simplement Merci...Amicalement

Ecrit par : Maryjoe Danton | 21.05.2009

des mots très puissants qui marquent l'instant d'une vie au commencement d'une nouvelle gardant son âme sereine rien ne meurt tout se transforme !! au ressac des vagues mortes cinglants sur sa coque on entend le soupir des abysses de son bois le grand voilier murmure à la mer ses derniers souvenirs!!!! je passe aussi te souhaiter un très bon anniversaire le 25 mai comme mon fils que la lumière t'éclaire tout au long de cette année !!!! amitiés que dieu te garde phil

Ecrit par : le baladin | 30.05.2009

Merci à toi mon ami phil

Ecrit par : Mohamed El jerroudi | 04.06.2009

Les commentaires sont fermés.

 
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