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30/05/2008

Rue de la limite.

Le 12 Août 2003,à 2 heures du matin je me promenais dans les rues de Liège,après avoir passé toute une journée égaré au milieu d'une immense foule qui célébrait le centenaire de l'écrivain Jorge Simenon. La nuit était douce. Le silence était mon seul compagnon .J'étais loin du centre ville.

Quand la fatigue commença à m'envelopper de son poids,j’ai décidé de rentrer chez moi pour me reposer un peu .J'étais tout près de l'appartement de mon fils Réda situé dans une rue male éclairées. Je voulais presser le pas quand soudain je trébuchai sur un corps allongé à même le sol. Une grande stupeur me coupa le souffle. J'ai tout de suite pensé à un assassina. Je me prêtai à prendre la fuite, quand la personne qui gisait par terre me tendit sa main et prononça des paroles incompréhensibles. Je repris vite mon courage et je m'approchai : elle était une femme. L'alcool qu'elle a bu l'empêchait de se relever.

- Madame faites un effort ne restez pas ici. Vous risquez d'être agressée! Lui dis-je. Elle me regarda et me dit tout en essayant de cacher son ivresse.
- T'es un arabe? .Elle m'as posé cette question sans doute , à cause de mon accent.
-Oui je suis arabe.
- moi aussi je suis marocaine d’origine, liégeoise de naissance .Et toi?
-Marocain. Elle me supplia de l'aider de rejoindre son appartement car elle a su que je suis le père de son voisin. Et qu'elle pouvait me faire confiance .Arrivé au 3ième étage, elle me donna la clé. Elle avait un salon en désordre .Il y avait des bouteilles de vin partout à tel point que je ne savais pas où mettre le pied. Je l'allongeai sur un fauteuil. Elle me désigna une chaise et me pria de rester un moment .Moi j'étais maladroit je ne savais quoi faire, quoi dire...De temps en temps je posai un regard sur un coin du salon, sur la dame. Elle saisit une bouteille de vin et remplit deux verres .J'avalai le mien d'un seul trait. Elle m'en donna un autre en souriant. Au quatrième verre j'ai senti une chaleur douce traverser mon corps. Sur le mur une photo d'un adolescent attira mon attention.

- C'est ton fils ? lui demandai-je.
-Oui mon fils et mon frère à la fois.
-Quoi?
-Oui je l'ai fait avec mon père.


A sa déclaration j'ai senti que le plafond allait s'écrouler sur ma tête. Je pris en hâte mon paquet de cigarettes et me dirigeai vers la sortie. C’était plus fort que moi. Je l'ai entendu pousser des cris. Elle pleurait si fort ... Je me suis engouffré dans l'appartement de mon fils, j'ai pris un somnifère. Je voulais oublier .Faire le vide .Je ne me rappelai plus à quel moment j'ai perdu conscience. Le lendemain un bruit ou des voix humaines, une cacophonie me réveilla en sursaut.
Je suis sorti pour voir de quoi il s’agissait. En face de moi la dame de la veille me sourit .De sa bouche coulait du sang à flot .Des infirmiers essayaient de la mettre sur un brancard. Elle les repoussa et descendis toute seule les escaliers jusqu'à l'ambulance. Avant d'y monter elle nous regarda. Elle me regarda et ouvra sa bouche. Elle avait la langue coupée à moitié.
Moi qui savait son histoire je comprends maintenant pourquoi elle s'est mutilée. C'est pour ne jamais parler de son fils qui est son frère. Elle a choisi le silence...

Un policier qui griffonnait sur un bout de papier, demanda le nom de la rue. -RUE DE LA LIMITE. Lui répondit un garçon qui ressemblait beaucoup à celui que j'ai vu la veille sur la photo...



©Mohamed El jerroudi

Ps : La rue est réelle , la dame aussi .Le texte n’est que fiction….Un texte que j'ai trouvé sur mon carnet de voyage...

20/05/2008

Chaque bouche a son mot à dire

medium_souffrance.jpg


Là où les coeurs se rencontrent
les chuchotements de la nuit se taisent
seuls les regards lumineux habitent
le silence des étoiles

Ici un oeil récalcitrant refuse
d’accompagner le coucher du soleil

Là-bas un vent enragé
bouscule la peur du soir

Les portes de l’âme
s’ouvrent à toutes les bouches

Bouches avides de mystère
Bouche avides de lait maternel

Chaque bouche a son mot à dire

Les lèvres sont à bout de force
pour éteindre la soif de la terre

Soif

Qui se répand comme un feu
sur la poitrine d’un amant
disparu
au milieu de la nuit.



© Mohamed El jerroudi

05/05/2008

Les frontières sont idiotes.

medium_espagne-maroc31.jpg

Photo: google.

Parfois il m'arrive de me demander:"Mais qui a inventé les frontières? "Ce n'est pas Dieu, m'a expliqué une personne qui a lu les livres de toutes les religions....
Il y a quelques jours, j'ai rencontré un poète .Je lui ai posé la même question. Il s'est gratté la tête, puis il s'est mis à réfléchir....Après un instant , il m'a bien regardé et m'a dit:"Les frontières? Moi,je connais pas. Et même si jamais elles existaient, elles seraient idiotes. Et supposons qu'elles existent réellement. C'est dans la tête des hommes qu'elles existent. Moi je suis poète. Et dans ma tête,il n'y a pas de frontières."
-Je peux te suivre poète? Lui dis-je.
-Pourquoi veux tu me suivre?
-Pour aller là où il me semble.
-Impossible! me répondit-il.
-Pourquoi?
- Parce que t'es pas poète toi.
Il a mis ses chaussures usées, s'est dirigé vers une barque, et s'est mis à ramer...sans me regarder , sans me saluer. Quant à moi, je suis resté cloué (comme un idiot) sur cette plage déserte tout en le regardant disparaître vers le large comme un songe. Oui … ! il a sans doute raison ce poète « Les frontières sont idiotes ».



© Mohamed El jerroudi

19:45 Publié dans poésie/arts | Tags : frontières, songe | Lien permanent | Commentaires (8)

 
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