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25.04.2007
Des mots simples
Dessin de © Ahmed Ben yessef
J'ai perdu mon visage
dans la poussière
des légendes
J'ai appris la douceur
des mots simples
dits par les bouches
des pauvres
J'ai appris à aimer
les lèvres tendres
qui chantent à la terre
des poèmes dorés
comme la couleur
du pain
Là-bas
j'habiterai le commencement
des rêves impossibles
Je resterai seul temoin
de ces voix lointaines
qui nous viennent
d'un autre monde
nous dire...
Comment le temps
nous dévore
et nous déshabille
devant la mort.
© Mohamed El jerroudi
13:15 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
13.04.2007
Les yeux des autres

Aube
Première prière
Les vagues blanches
innondent les yeux saignants
Une douleur rouge
traverse lentement les corps
comme un sang glacé
Terre
Premier mirage
Dernier voyage
Le visage du monde
se réveille tard
sous le regard des autres
Le soleil de l'Orient
Avale ses rayons
Avale sa peur
il attend
que le vent de l'Est
dépose sa rage
Dans le ventre du ciel
les nuages s'entredéchirent
Dans la tête des hommes
les rêves s'enretuent
Qunds le soir dépose ses armes
il n'y a ni vainqueur
ni vaincu
Les yeux des autres
nous regardent
Miroirs déroutants
où nos visages
se métamorphosent
Tombeaux
où nos corps se reposent
Et nos rides se déroulent
à l'infini
Enterrés
dans nos livres
Faudra-t-il nous relire
des milliers de fois
pour nous assurer
que nous sommes
bien en vie
Enterrés
dans notre langue
Serions-nous des fossiles
surpassés par le passé
Coincés
entre l'ombre et la lumière
Un vent léger viendra
comme la brise du matin
nous réveiller
Voisins
de l'ombre et de la lumière
Chantez-moi votre sueur
pour que tous les mensonges
s'inclinent à vos pieds
Chantez-moi le sens de la vie
Chantez-moi le sens de la mort
Je suis assis juste
à côté de vos tombes...
Je vous écoute.
Mohamed El jerroudi
L'opinion, Rabat
© 25 mars 2005
00:55 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
11.04.2007
Musée des temps futurs

Dans un milliard
d'années-lumière
C'est-à-dire
demain
ou
tout à l'heure
QAND
les hommes
auront
un coeur
en plastique
Les enfants
iront
avec
leurs mamans
éprouvettes
admirer
les arbres
dans
un musée...!
©Mohamed El jerroudi
Le silence décrit (page:26)
Editions :La croisée des chemins
Casablanca©1998
Lentement, tout doucement, à l'écart des modes, je parle de la vie et de la mort, simplement.
09:10 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
07.04.2007
Je regarde passer l'époque

J'ai peur de cette époque
qui m'a vu naître
Elle est noyée dans la matière
vautrée dans la misère
Comme le corps perd sa valeur
Quand l'âme en est absente
l'homme que je suis
se cache en lui-même
Si je ne trouve pas la compagnie
d'un homme sage
Je prends de moi ce qui me vient
de mon père et de mes ancêtres.
Je Choisis mon maître
comme compagnon de route
Son pied se pose fermement
sur la route qui mène à l'Ami
Son véritable sens m'a échappé
comme la gazelle
Les hommes ont appris à danser
avec leur corps
en récitant ses paroles
mais leurs yeux ne se sont pas ouverts
à la danse de l'âme
La danse du corps
fait tourbillonner la poussière
la danse de l'âme bouleverse
les cieux
La science et la sagesse
proviennent de la danse de l'âme
La terre et le ciel
proviennent eux aussi de cette danse
Pour toi mon ami mon semblable
jusque dans ma tombe
j'adresserai à Dieu
mes prières...!
© Mohamed El jerroudi
C'est en lisant un paragraphe de MOHAMMAD IQBAL que l'idée m'est venue de caviarder ce texte. Ainsi est né le poème.
23:30 Publié dans poésie/arts | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
02.04.2007
Les papillons du Détroit
Vous qui vivez
de l'autre côté de la mer
aux regards lumineux
qui savez lire
dans la ligne de la main
les chemins du futur
racontez-moi l'usure du temps
et le secret des paroles ancestrales
J'ai vu dans mes rêves
vos mains blanches
écrire
la transparence du lendemain
sur les visages des voyageurs
qui cachaient leurs larmes
au moment du départ
J'entends encore
le murmure des vagues
se mêler
au sel de vos sourires
et le vent de l'Est caresser
avec ses doigts vos chevelures
Dites-moi papillons du Détroit
pourquoi
nos jours passent devant nos yeux
comme des étoiles filantes
et notre vie
est tellement courte
très courte.
©Mohamed El jerroudi 29/9/2000
Solidarité avec les Haragas , un hommage aux victimes de la traversée du détroit de Gibraltar. Ansi est né le poème.
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